24 novembre 2013

TDAGT

J'écris peu et néglige mes Chroniques Sympathiques. Eh bien! la raison est fort simple : j'ai pu diagnostiquer un grave problème, à savoir un TDAGT, trouble de l'attention et de la gestion du temps. En fait, je m'en doutais depuis fort longtemps, mais plusieurs situations ont fait exploser en moi un sentiment de dépassement ultime autodestructeur. Je m'explique. Pour l'année scolaire 2013-2014, j'avais choisi une tâche d'enseignement à 72 % plutôt qu'à 100 %, espérant ainsi avoir plus de temps pour être avec mes enfants, être plus avec mon chum, être plus avec ma famille et mes amis, être moins stressée, être moins dernière minute, être plus zen... En d'autres mots, la liste des « être » était très longue. 

Au début, le sentiment de mieux maîtriser mon horaire était palpable. Je croyais enfin détenir les clefs de mon succès. Or, il fallut que la fin de la première étape arrive pour que je frappe solidement un mur. The dark side of the wall. Malgré mes quelques progrès et améliorations, j'en suis consciente, j'ai encore corrigé, puis entré mes notes et commentaires à la dernière minute. Encore une fois, le ménage et le lavage se sont accumulés et ont envahi mon espace vital. Encore une fois, j'ai fait peu de place à la créativité, puis trop peu à la lecture et à l'écriture, qui me tiennent tant à coeur. J'ai pu gérer les devoirs et les études de ma fille, mais pas assez à mon goût. Pour la première fois, j'ai ressenti de grandes douleurs au dos, dans le cou et jusque dans les bras, des tensions inhabituelles qui ont évidemment produit des maux de tête et des migraines. J'ai quand même pris rendez-vous avec moi-même en massothérapie. Pas le choix.

Et puis il y a les autres. Je n'ai pas pu m'empêcher de me comparer et de constater que les autres avaient le temps pour accomplir leurs tâches, mais en plus, en prenant le temps de courir après l'école, aller au cinéma, lire des romans, etc. Je me suis souvent sentie nulle, puis j'ai craqué. Je me suis remise en question. Après toutes ces années, pourquoi n'ai-je pas encore compris, appris? Je sais, nous avons toute une vie pour apprendre, mais le temps file et tellement de rêves à accomplir.

Rien ne sert de vous dire que dans de tels moments, les remises en question ébranlent l'âme. On y rentre avec de gros souliers et on veut tout saccager. Je me suis pourtant calmée. Je réfléchis avant de poser des gestes que je pourrais regretter.

Mais je suis une voyageuse. J'aime le changement. Je partirais au gré du vent, m'inventant ainsi une nouvelle vie à la hauteur de mes aspirations, loin des contraintes du temps. J'aurais besoin d'un havre de paix et de compassion pour guérir mon TDAGT une fois pour toutes, et ce, un pas à la fois. Une lueur éclaire mon coeur, comme replonger dans l'univers, à l'université par exemple. Je songe, je rêve, je réfléchis en cette saison qu'est l'automne. Tout passe, tout change et malgré tout, j'avance.