24 novembre 2013

Idées livresques

J'ai lu dernièrement une lettre d'opinion intitulée Facebook contre le livre. L'auteur, un enseignant de français, écrivait ceci : « La prochaine fois où vous serez seul dans un lieu public, prenez le temps d'observer autour de vous. Qui lit un livre? Qui consulte son compte Facebook? Pour moi, la vraie menace se trouve là. Le véritable combat qu'il faut mener se trouve dans l'amour de la lecture. On doit transmettre ce goût à nos enfants, à nos élèves, à nos amis. »

À mon avis, rien n'est aussi faux que cette idée d'opposer Facebook, le plus grand réseau social mondial, aux livres, a fortiori à l'amour de la lecture. En effet, dans un lieu public, celui qui consulte Facebook ou Twitter n'est pas nécessairement celui qui lit peu ou pas du tout. Au contraire, il s'agit peut-être d'un utilisateur avide de liens et de suggestions de lecture.

Par exemple, pour ma part, depuis que les réseaux sociaux font partie de ma vie, bien qu'il soient des « bouffeurs » de temps, ils me permettent de lire davantage. Je n'ai jamais lu autant d'articles et de chroniques, que ce soit dans les journaux, les blogues ou les revues. Je n'ai jamais lu autant de résumés, de comptes rendus et de synthèses de tous genres. Je n'ai jamais lu autant de suggestions de romans, d'ouvrages scientifiques et de bandes dessinées. Je lis plus que jamais. Je lis, donc je me construis un réseau de liens. Je lis, donc je partage. Ce qui me manque, maintenant, c'est le temps pour lire tout ce qui se trouve sur mes listes, mais je lis. Cependant, même si parfois je lis un livre en diagonale, même si je ne lis que quelques chapitres des romans que j'achète ou emprunte, je lis quand même et tout cela me nourrit. 

Enfin, tout comme l'invention de la télévision ne nous a pas (trop) éloignés de la lecture, Internet nous rapproche plus qu'on le pense de ces objets de culture fascinants, les livres. Numériques ou sur papier, achetés ou empruntés, peu importe. L'important, c'est qu'ils deviennent de plus en plus présents. Pour ma part, je propose qu'on retrouve des livres usagés gratuits dans toutes les grandes surfaces. La lecture en cadeau, ce n'est pas seulement pour les enfants, c'est pour tout le monde. De la sorte, on diminuerait peut-être le nombre exorbitant d'analphabètes au Québec, soit 49 %.