2 janvier 2013

Lettre à ma grand-mère

Chère grand-mère,

Je voudrais tant de parler de vive voix, mais tu n'es plus là depuis quelques jours déjà. Quand je te faisais part de mes regrets et de mes peines, tu me rassurais avec ta grande compréhension et ton immense bonté. Merci.

Aujourd'hui, j'ai aidé tes filles à faire un peu de rangement dans ton appartement. Difficile. Je n'osais pas toucher à tout ce qui t'appartenait, comme si tout était sacré et intouchable. Mais il le fallait. Comme tu l'avais voulu, j'ai eu quelques bijoux. O. a eu son améthyste. Merci. 

Grand-mère, j'ai vécu avec toi tes derniers moments, je t'ai vue souffrir. J'ai aussi souffert de te voir ainsi. Merci de m'avoir donné une leçon de courage et d'humilité. Tu as combattu, la tête haute et fière. Aussi, le 26, lorsque je t'ai dit que j'avais oublié l'huile de St-Joseph, tu m'as répondu que tu l'avais dans la tête. Des pensées baignées dans la sainteté, il n'y avait que toi pour y penser.

Grand-mère, si tu habites un beau grand château orné de pierres précieuses qui brillent de mille feux (comme tu nous l'avais dit), sois heureuse. Envoie-moi quelques signes, parfois, si tu le veux bien. Néanmoins, je sais que tu seras très occupée à décorer ton havre de paix, belle artiste que tu es.

Grand-mère, pour la troisième fois, je me choisis un mot-phare en début d'année pour guider les jours, les semaines et les mois qui suivront. Après action et élan, j'avais pensé à propulsion, toujours pour me rappeler d'avancer plus loin. Mais là, tu me fais prendre conscience que trop d'action, ce n'est pas toujours constructif. Toi, reine de ma vie, tu m'as fait réaliser que je devais ralentir un peu. Le mot communication s'est révélé à moi. Mieux communiquer ce que je suis, mieux écouter les échos de mon coeur. Être à l'écoute des autres, leur dire mes pensées et mes émotions aussi. Du haut des cieux, entendras-tu mes prières? À l'ère actuelle, celle des grandes communications, il me semble que tout fait en sorte pour que nous soyons connectés et liés les uns aux autres, mais me croirais-tu si je te disais que je ne me suis jamais sentie aussi seule? À moi donc de mieux communiquer, de mieux écouter : d'autres voix, d'autres chants, d'autres échos, d'autres mélodies et symphonies.

Je veux créer des ponts entre nous. Est-ce possible dans le monde qui te retient maintenant? Par quelle communion, quelle connection de l'âme y arrive-t-on? 

J'attends de tes nouvelles.

Ta petite-fille,
Isabelle