19 novembre 2011

Lettre à mon fils

Cher petit amour,

J'ai envie de t'écrire. L'idée me trotte dans la tête, depuis ce matin. En fait, sur plusieurs feuilles de papier et de nombreux cahiers, dans toutes sortes de fichiers sur mon ancien ordinateur, je t'ai déjà écrit des lettres. Pensées, émotions, faits marquants, souvenirs, tout s'est s'entremêlé pour créer des parcelles de ta vie, de notre vie.

Tu auras bientôt 26 mois, déjà. Mon petit blond, tu es dans ce que l'on appelle « The Big Terrible II ». En effet, tu affirmes avec vigueur et force ton caractère et ton identité. Tu veux parler comme tes soeurs, tu les imites, tu veux me donner des ordres, tu veux tout savoir et tout comprendre. Tu m'impressionnes, tu le sais? Mais depuis quelques jours, tu traînes un rhume ou une grippe, or tu es plus maussade, moins enjoué. Ça me rend triste et songeuse. Et aujourd'hui, je constate que tu fais de la fièvre. Avant ta sieste, cet après-midi, comme une petite virgule, tu t'es blotti contre moi, tout courbé, ce qui a eu l'effet instantané d'une pause dans le temps, un arrêt dans l'éternelle immensité du lien d'une mère avec son enfant. Ta chaleur et ton affection m'ont enveloppée. Tu étais si épuisé, car tu venais de passer une dizaine de minutes à essayer de mettre ton chandail, et ce, tout seul. J'ai eu beau tout faire pour t'aider, te donner un coup de main, mais rien ne pouvait t'empêcher d'arriver à tes fins, sans mon appui. Tu pleurais, hurlais, gesticulais, rien n'y faisait. Je te l'avoue, fatiguée comme je le suis depuis quelque temps, j'aurais voulu te mettre ton chandail une fois pour toutes et te coucher illico, en fermant ta porte. Je rageais intérieurement en entendant tes pleurs devant ton impuissance et tes difficultés. Mais au bout de plusieurs pénibles minutes, tu as enfin réussi ton objectif, puis tu étais heureux, les yeux rougis et fatigués. Nous nous sommes couchés et j'aurais voulu te chanter une berceuse, mais sans voix, c'était trop exigeant pour moi...

Enfin, tu ne cesses de vouloir me montrer que tu es un grand garçon, et je te crois. Tu croîs à une vitesse folle, et moi je vieillis également à un rythme effarant. Cependant, j'espère que tu accepteras toujours mon aide, moi qui ne veux que ça. Mais je te comprends, tu sais. Tu te construis, et moi, surtout, je t'aime.

Bonne nuit, cher trésor. Je serai près de toi, quand le jour se lèvera.

Guéris vite, car ton enthousiasme habituel me manque tellement!
Maman xxx