26 juillet 2010

Tranche de vie ou de rubis, selon le cas

Bon, c'est l'heure de ma petite tranche de vie, pour tous les lecteurs membres de mon blogue, ou encore pour ceux qui voudraient l'être mais ne le sont pas encore, ou tout simplement pour ceux et celles qui me lisent anonymement... À quand mon blogue privé? Très bientôt peut-être.

Alors voilà, depuis que j'ai des enfants, évidemment ma vie a totalement changé. Mon corps n'y fait absolument pas exception. Il ne suffit que de voir mes cheveux blancs, mes yeux cernés, ma peau sèche, mes ongles abîmés, mes jambes boursouflées et non épilées, et j'en passe. Depuis quelque temps sont même apparus des angiomes, plus communément appelés taches de vin ou de rubis. Dr Nathalie Fiset, ma sage-femme-accoucheuse-médecin, m'avait donné un billet de recommandation, avant la naissance de Mathis-Antoine, afin que je puisse obtenir une exérèxe d'un angiome au thorax... Pour le commun des mortels et surtout pour mes enfants, j'avais un gros bouton rouge! Je me rappelle encore d'Angélique, à peine âgée de quelques mois, qui le touchait et tentait de l'arracher. Bien sûr, Marianne et bébé firent la même chose. Pour sa part, Martin n'a cessé de me répéter qu'il s'en inquiétait et préférait qu'on passe à l'extraction totale de cette chose horripilante! Bon, finalement, je me suis décidé à prendre un rendez-vous dans une clinique médicale privée. Me disant qu'on n'y retrouvait plus de dermatologue, on me précisa que le lendemain matin, un chirurgien pouvait s'occuper de moi et de mon objet cutané bien identifié... Je le faisais non pas pour moi, mais pour Martin et les enfants. Et si c'était un cancer de la peau?
En rencontrant le Dr M.(je garderai son nom anonyme en cas de représailles), un chirurgien spécialisé dans le botox et l'ablation (!) de corps gras des femmes, j'ai senti que j'allais tout droit à l'abattoir pour me faire charcuter. Je ne m'étais pas trompée... Hier soir, lorsque j'ai enlevé le pansement qui couvrait ma plaie, quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'au lieu d'un petit bouton d'à peine 3 millimètres se trouvait des points de suture d'au moins 2 centimètres! Pleurs, pleurs et encore pleurs, surtout lorsque j'ai lu sur le Web que les taches de rubis pouvaient être anéanties au laser! Infâme et idiote que je suis, j'aurais dû m'informer davantage au lieu de me précipiter... D'autant plus que la piqûre qui devait me geler localement n'a pas fonctionné, alors j'ai vivement senti la brûlure lorsque le chirurgien (ou le charcutier) visiblement impatient voulut arrêter le sang... Sa charmante assistante au visage tout fraîchement repeint et refait tenta de me divertir la conscience en me posant des questions stupides, en vain. J'ai quand même retenu que je devais mettre de la crème solaire 60 pendant au moins 1 an! Diantre! que j'ai pensé à toute les femmes des dernières décennies qui voulurent embellir leur image corporelle en allant voir toutes sortes de charlatans, mais qui en sortirent enlaidies, ou pire, sans vie... Du moins, je sais maintenant que peu importe les changements que subira mon corps dans son mûrissement, son vieillissement jusqu'à l'anéantissement, je choisirai de demeurer naturelle, sans retouche, c'est tout. Eh oui! ma peau subit un VIEILLISSEMENT PRÉMATURÉ, mais que sait ce médecin de mon âme, ÉTERNELLE JEUNESSE? D'accord, je beurre épais, mais j'ai besoin de panser ma peine et ma douleur...

C'était ma petite tranche de vie ou de rubis.

- Mademoiselle, vous ne saviez donc pas que vous étiez riche avec cette tache de rubis, me lance stupidement l'assistance de monsieur le chirurgien.
- Oh! alors je ne sais pas ce que je fais ici, j'aurais dû la garder!