13 août 2014

Les livres, la littérature québécoise et l'éducation

Le 12 août, un vaste mouvement d'achat de livres québécois s'est déroulé au Québec. De prime abord, j'ai trouvé l'idée fort intéressante. J'achète au moins un livre québécois par mois, mais une journée pré-déterminée pour m'en procurer deux autres (Alain Grandbois est-il un écrivain québécois? de Patrick Moreau et L'amélanchier de Jacques Ferron), pourquoi pas? C'est sans compter que j'en ai donné un à mon frère (Une certaine Amérique à lire, la Beat génération et la littérature québécoise de Jean-Sébastien Ménard) qui, d'ailleurs, aime bien me rappeler que son auteur fétiche, Jack Kerouac (à qui il consacre un site Web très intéressant), est d'origine canadienne-française. L'auteur du célèbre On the road pensait et rêvait… en français. 

J'en reviens à cette journée du 12 août, car quelque chose m'agace dans cette initiative, pourtant fort louable j'en conviens. Comment se fait-il que nous devions créer une journée pour stimuler la vente de la littérature québécoise? Un problème de fond subsiste sans que je puisse en nommer clairement les causes et les fondements. Les résultats de ladite journée semblent assez concluants (par ici et par ), mais encore faudrait-il que le mouvement se poursuive. Si les auteurs, les éditeurs et les libraires s'unissaient, et ce, sans attendre les décisions du gouvernement (entre autres pour le dossier du prix fixe pour les livres), une certaine effervescence stimulerait le marché. 

De plus, lorsque nous regardons de plus près les choix des lecteurs, nous constatons qu'ils sont plus ou moins issus des tendances du jour (la chik-lit, pour ne nommer que celle-là, fait fureur, les lectrices en sont ferventes). Les auteurs québécois plus classiques ne sont aucunement à l'avant-scène. Évidemment, me direz-vous, même dans les écoles, les classiques sont très peu enseignés. Serait-le cimetière des humanités dont parle Pierre-Luc Brisson dans son dernier essai? Assurément, sauf pour quelques irréductibles idéalistes comme moi, qui placent au programme secondaire des oeuvres comme L'Odyssée d'Homère ou encore Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne.

Pour terminer, si j'avais le véritable courage de mes convictions (et plusieurs contacts crédibles d'influence dans mon carnet, bien sûr), j'implanterais un programme de lecture obligatoire allant du primaire jusqu'à l'université. Une réelle base commune, qui ferait l'objet de consultations et de consensus. Et comment? Eh bien! en exigeant que toutes les écoles québécoises, qu'elles soient publiques ou privées, aient une liste composée principalement (mais non exclusivement) de romans QUÉBÉCOIS que les élèves et étudiants devraient se procurer en début d'année scolaire. Oui, l'achat obligatoire de romans par les parents. Finis (ou presque) les manuels et cahiers d'exercices. Pour tous ceux qui auraient besoin d'aide financière, les organismes et autres mécènes pourraient intervenir pour la meilleure cause sociale qui soit, la promotion de la lecture.

Ainsi donc, imaginez le nombre de romans vendus dans une seule année au Québec par le biais du système d'éducation! De plus, l'enthousiasme soutenu des professeurs, des parents et des élèves pour la lecture nous mènerait plus souvent sur le chemin des librairies, lesquelles seraient peut-être plus nombreuses grâce à ce regain d'énergie, de passion et de transmission.