1 juin 2014

Compter


Nota bene : ancien texte pour mon projet d'archives de ma vie

Après mes tranches de vie et de rêve, le retour à la réalité est brutal. Après un inattendu revers de mon M., je prends conscience que mon existence ne s'est jamais mesurée par des possessions matérielles. Le rêve se nourrit d'espoirs et non d'avoirs. Pourtant, force est de constater que l'année 2013 sera marquée, personnellement et socialement, par un manque flagrant d'honnêteté. Cette valeur fondamentale s'effrite dramatiquement. Payer ses comptes, et ce, loyalement, est devenu inhabituel. Comment ne pas crier à l'indignation quand un travailleur comme vous, comme moi, se démène toutes les semaines pour gagner son salaire, tandis qu'un autre ne paye ni ses comptes, ni ses impôts, ni ses dettes? Les paradis fiscaux sont les fiascos de nos malversations. Les enfers fiscaux sont les fiascos de nos mauvaises relations.

***

Dans ce monde où tout se marchande, où l'on abandonne si facilement une relation, je ne concevais pas qu'une relation fraternelle pouvait également prendre fin après quelques mois de distance. Il semble que oui. Des liens tissés qui se brisent pour un symbole, l'argent. En fait, tout est symbolique, mais quand l'estime que l'on a pour quelqu'un se calcule et peut se solder par des adieux, c'est définitivement odieux.

***

En ce Temps des Fêtes, dans la frénésie des achats, des dépenses et des dettes, je vous souhaite sincèrement de prendre le temps de réfléchir à ce qui compte vraiment pour vous. Si les bons comptes font les bons amis, les mauvais comptes ne causent que des ennuis. Demandez-vous s'il est raisonnable de perdre de l'argent ou de perdre un être cher. Si vous choisissez de perdre un proche, sachez que votre fortune ne fera pas long feu. Votre pitoyable richesse ne vaut absolument rien, car votre coeur pèse lourd sous un fardeau infâme. Pire, votre âme s'empoisonne d'un venin qui, au Ciel, ne vous servira à rien, sinon à continuer de polluer les souvenirs des êtres que vous aurez blessés ou abandonnés.