23 mai 2014

{ce moment}


Éduquer son enfant, c'est tout, sauf reposant. Ça aiguise tous les sens, même le sixième, qui serait l'intuition. Sans elle, tout serait bien plus difficile. À force d'expliquer, répéter et parfois élever la voix, on perd patience. Pour ma part, avec mes deux grandes filles, tout a toujours été relativement facile. Pour ce qui est de l'éducation de mon petit dernier, c'est une autre paire de manches. Il atteint toutes mes limites, jusqu'au point où je questionne mes qualités de mère, d'éducatrice et de pédagogue. Avant son entrée à la maternelle, prévue pour septembre 2014, je devrai travailler avec lui plusieurs aspects de sa forte personnalité. Âme sensible mais rebelle, il conteste souvent l'autorité et refuse d'exécuter des tâches qu'il juge futiles (pour moi, essentielles).

Je lui donne souvent des ordres. Des verbes à l'impératif, il en entend fréquemment dans une journée! J'ai décidé de lui dire le comportement que je n'appréciais pas. Ça va mieux, disons.

***

Après le bain, Mathis-Antoine faisait des pitreries devant le miroir. Épuisé de sa journée, il riait, faisait des grimaces, criait et gesticulait. Le temps passait, je perdais patience. J'a finalement lâché prise. J'ai pris ma caméra. J'ai fait le focus sur lui au départ, mais finalement sur ma main et l'appareil photo. Je l'ai laissé en arrière-plan… Je l'ai laissé afficher ses grimaces. Au lieu de m'emporter, je me suis calmée, puis on a rigolé, finalement. Dédramatiser, parfois. Me concentrer sur le positif, le plus souvent possible. Relativiser, toujours, pour plus de clarté.

Pendant les jeux d'enfance, avec ma couvée, je m'arrête un instant, sachant que le temps file comme une étoile filante. Je fais un voeu, celui d'être plus consciente et plus présente auprès d'eux. Je me dis que la vie est si fragile, que je suis privilégiée. Pourtant, je rage intérieurement lorsque je perds cette attitude de zénitude.

Et quand j'entends : « Maman, je t'aime gros comme l'espace, parce qu'il ne s'arrête jamais. », je me dis tout simplement que ce moment ne reviendra pas, alors je le savoure.