30 avril 2014

Troubadour printanier




Félix Leclerc, père de la chanson québécoise


Ce matin, cours de grammaire. L'Express, le train file à toute allure. Tous en choeur, nous alignons les groupes de mots, qu'ils soient adjectivaux, adverbiaux ou verbaux. Chacun garde son niveau de concentration, mais moi, L'Hymne au printemps tourne en boucle dans ma tête. À la fin du cours, un élève me demande quel sera le sujet de la prochaine communication orale. À peine sortis d'un travail de recherche sur un personnage historique de la Nouvelle-France, non sans quelques anicroches, ils sont déjà prêts à replonger dans le gouffre...

Soit! Je leur avais dit que je cogitais, réfléchissais, mais finalement, j'improvisai (ou presque, à leurs yeux) ma fin d'année sur un air printanier. D'abord, ils devraient préparer une justification littéraire suivie d'une justification grammaticale. À partir d'un roman coup de coeur (de préférence), ils expliqueraient à leurs pairs les raisons pour lesquelles ce livre était génial. Ensuite, ils devraient lire un passage significatif du roman pour justifier l'accord de trois mots (un verbe, un adjectif et un participe passé). Tout cela se ferait en une seule période, car ils seraient placés en équipe de quatre.

Deuxièmement, je leur ai dit qu'ils devraient réciter un texte poétique. Puisque nous avions commencé l'année scolaire avec un poème d'un des plus grands écrivains français, Le mot de Victor Hugo, nous allions la terminer avec un poème d'un des plus grands poètes et chansonniers québécois,  L'hymne au printemps de Félix Leclerc. Un de mes collègues a cru que j'étais suicidaire (ou que mes élèves le deviendraient). En fait, je fus plutôt téméraire quand je vis l'air ahuri des élèves. Pour la plupart, Félix Leclerc, pourtant personnage historique, est un inconnu. Voilà pourquoi demain, durant le cours, nous écouterons un film de Claude Jutras, Troubadour, qui non seulement présente Félix Leclerc, sa famille, sa vie à Vaudreuil, mais également son pied-de-nez rythmé à tous ceux et celles qui lui auraient reproché de chanter mal ou encore de perdre son temps avec de simples chansons. Et pourtant...

Par l'intermédiaire du film de Claude Jutras, j'ai pu apprécier l'humour de Félix, sa simplicité, sa bonté, sa force poétique ainsi que son charme communicatif. Bref, tout un troubadour! Par les temps qui courent, il me semble que nous ayons bien besoin d'un doux souffle d'amour pour le rayonnement de notre langue.