24 septembre 2012

Un lundi pas comme les autres, je jase.


Il y a de ces jours, parfois de ces mois et même durant des années, où l'on manque délibérément de confiance en soi. Depuis quelque temps, mes chroniques sympathiques diminuent, soit par manque de temps, soit encore par manque de confiance. Eh oui! manque de confiance en mes tranches de vie que je ne considère pas assez intéressantes, pertinentes ou importantes pour les noter, expliquer et détailler ici. Manque de confiance en moi, voilà.

Aujourd'hui, j'ai eu le privilège de discuter longuement avec l'un de mes collègues au Collège. En passant, je suis tellement choyée de travailler et collaborer avec des éducateurs extraordinaires, et ce, au quotidien. Tellement. Ainsi donc, en parlant avec un de mes pairs, j'ai pris conscience, encore une fois, que nous manquons souvent de confiance en nous, les enseignants. Le poids des incertitudes pèse lourd dans la balance de notre profession. On ne se pense pas à la hauteur, on aurait dû agir d'une autre manière dans telle ou telle situation, nous avons perdu patience quand nous devions conserver notre sang-froid, nous aurions dû utiliser des mots plus constructifs, nous n'avons pas agi avec diligence, nous aurions tellement dû voir une situation évidente, etc. Chaque jour, la liste de nos erreurs s'allonge. Néanmoins, toutes sortes de lueurs et d'étincelles brillent sur notre chemin pour nous faire voir l'essentiel. Hélas, nous sommes souvent aveugles.

Ce soir, je fais un pas vers la confiance en moi. J'accepte avoir pris une bonne décision. J'illustre brièvement la situation, au cas où cela pourrait vous intéresser. Un de mes élèves a attiré mon attention par la qualité de ses observations et de ses connaissances, entre autres sur la mythologie. En discutant avec lui, je me rends compte qu'il n'apprécie guère mes remarques positives à son égard, au point qu'il en devienne pratiquement colérique. Il se dénigre. Intérieurement, il bouillonne. Je sens toute sa haine envers ce qu'il est. Je ne comprends pas. Comment un élève peut-il réagir de la sorte quand un professeur l'apprécie?

Après que je l'aie encouragé pendant une activité sportive, il me lance sa rage comme un fouet (une phrase à ne pas écrire ici), prétextant que les mots n'ont aucune emprise sur lui. Il se dit « réaliste ». Pauvre idéaliste que je suis... Évidemment s'en suivent une expulsion, un plan d'action et une lettre d'excuses à mon égard. La mère m'explique ensuite l'attitude et le comportement de son fils liés à un diagnostic médical.

Après une rencontre avec l'élève, je lui demande comment je pourrais lui témoigner mes encouragements et mes félicitations (si cela devait arriver, bien sûr). Il ne sait pas. Je lui demande si je pourrais les lui écrire sur papier, puisque de vive voix, il n'accepte rien. Il a finalement acquiescé. Petite victoire. On verra bien ce que ça donnera. Donner la confiance aux autres, c'est peut-être la voie pour se donner confiance en soi.

***

J'ai un peu menti au début de cette chronique. Si j'écris moins souvent depuis la rentrée, oui c'est par manque de confiance et manque de temps, mais c'est aussi par excès de tristesse. Le premier jour d'école et le jour d'anniversaire de ma grande fille, j'ai appris que mon fils serait atteint d'une maladie infantile rare. Dès lors, il a des plaques rouges sur le corps, mais son état général est très bon. Je prie le Ciel tous les jours pour ne pas qu'il souffre des complications de cette maladie et pour l'instant, tout va pour le mieux.

La vie a le don de relativiser nos problèmes et de nous ramener à l'essentiel. Je comprends tellement toutes les mamans qui ont des enfants malades et/ou en difficultés d'apprentissage, car notre rôle équivaut à un travail à temps plein. Et souvent, notre profession requiert un autre temps plein. On se partage, on se divise et à la fin, on se sent souvent en petites pièces détachées. Que d'énergie pour nous équilibrer, c'est fou! On se sent encore et toujours coupable. Il faut réussir à tout prix partout, mais ce n'est pas possible, du moins, pas comme on l'imagine. Bref, ma sensibilité est plus que jamais à fleur de peau, mais après tout, je me dis que je ne suis pas seule. Merci d'être là. Pour la première fois, je reprends les mots de la citation de Victor Hugo dans l'en-tête de ce blogue et change les mots pour la circonstance.

Est-ce donc la vie d'une maman? Oui, et la vie des autres mamans aussi. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis; la destinée est une. Prenez donc mon miroir, et regardez-vous-y. Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas?