27 février 2012

Sentir qu'il faut en rire

Après plusieurs jours d'absence, je dois maintenant corriger tout le travail qui a été fait en classe (savant mélange de lecture, de grammaire et de latinismes). Aujourd'hui, même si le coeur n'y était pas, nous avons tous (ou presque, car plusieurs esprits lunatiques se sont perdus dans la brume de la syntaxe française) plongé dans l'analyse grammaticale en passant par les fonctions de sujet, attribut, complément du nom et du verbe, etc. Tout y est passé.

Ainsi, nous avons révisé l'attribut du sujet, qui est précisément le complément placé après un verbe attributif. Celui-ci peut toujours être remplacé par le verbe être, comme paraître, sembler, devenir, avoir l'air, passer pour, etc. Ensuite, nous avons revu le complément direct du verbe, lequel est placé directement après le verbe sans l'aide d'une préposition et qui peut être remplacé par un pronom comme le, la, les, l', etc. Jusque-là, plusieurs semblaient bien comprendre. Et vous, vous me suivez?

- Alors, tout le monde écoute s'il vous plaît, prenons le numéro 2. La phrase « Je me sentais seule. » Est-ce que l'adjectif seule est un CD?
- Non madame, car on ne peut pas dire : « Je me la sentais... »
- Effectivement, se sentir peut être remplacé par être, donc seule est un attribut du sujet je.

Vous comprendrez que la dernière phrase fut proclamée au coeur d'un fou rire général, que dis-je? d'un chaos cacophonique. Je faisais semblant de ne rien comprendre, puis même d'être offensée. Puis tant pis, je ris avec eux. Soupir. Ah! que la langue nous amène parfois bien loin de nos contenus pédagogiques!