5 janvier 2012

La maison fait-elle le bonheur?

Oui, je le crois. En fait, tout concourt au bonheur : l'argent, l'amour, la paix, la maison, la famille, tout ce que vous aimez. Pour ce qui est de la maison, celle qui nous abrite, protège, rassure, supporte, elle doit être le reflet de ce nous sommes, de ce que nous désirons devenir. Je pense fermement qu'elle peut nous permettre d'atteindre nos rêves, donc notre bonheur.

Depuis que je suis avec mon M., j'en ai visité des maisons, afin d'en trouver une à quatre chambres à l'étage! Puisque nous avons un léger penchant pour les maisons ancestrales, qui ont du charme et du cachet, nous les regardons en premier. Je me rappelle encore le jour où nous en avons visité une, dans le Vieux-Longueuil, tout très du grand parc où j'ai passé ma jeunesse, où j'ai vécu mes plus belles années. Coup de coeur. Hélas, après l'inspection, tout nous indiquait que nous nous aurions dû passer au moins cinq ans à faire des rénovations, et ce, à des coûts très élevés. Jeunes et entêtés, on se disait que tout était possible. Malgré les avertissements de nos parents et de nos amis, on voulait foncer à tout prix. Mais la vie est tellement intelligente et rusée, le vendeur nous a mis des bâtons dans les roues, malgré le fait que nous lui donnions son prix... Il n'a jamais voulu nous accommoder pour la date d'occupation. Parfait, ce fut la meilleure chose qui ait pu nous arriver, finalement.

Mais surtout, les maisons, je les ai visitées virtuellement. Ah! comme j'ai rêvé en voyant les somptueuses cuisines, salons et chambres. Je m'y voyais déjà. Souvent, le prix dépassait mon budget. Cependant, quand le prix était raisonnable, je passais dans le quartier et me rendais compte que ce n'était pas du tout l'environnement que je recherchais. Car il y en a des facteurs qui entrent en ligne de compte pour une maison, outre sa bonne allure et son prix. En tout cas, pour moi, idéalement, je voudrais beaucoup d'arbres, un peu de terrain, une grande cuisine, les services pas trop loin, une école toute proche, pas trop de rénovations, une décoration au goût du jour, etc. Mince affaire!

Depuis hier, je nettoie et range la maison en prenant conscience que nous la quitterons bientôt. La maison où nous nous sommes mariés, celle où Marianne a marché pour la première fois, celle où j'ai perdu mes eaux pour le petit dernier, celle où j'ai pris soin de mes trois enfants, celle où j'ai commencé à prendre conscience de l'importance du quotidien, celui qui contient toutes les plus belles perles de l'existence. Ici, j'ai renoué avec plusieurs aspects de ma personnalité, mais je sais que le chemin ne fait que commencer.

Au fond, aucune propriété ne nous appartient. Nous empruntons des lieux de vie, c'est tout. Nous sommes des passeurs, d'une maison à l'autre. Nous cherchons le bonheur, d'une maison à l'autre... Je visite une maison cet après-midi. Elle est jaune, comme mes filles en rêvent. Elle est entourée d'arbres matures, comme je le veux. Elle est spacieuse, comme mon M. la désire. Serait-ce le début d'une autre histoire?