1 janvier 2012

La fin d'un monde, le début d'un nouveau


Je reprends ici le dernier billet de Paulo Coelho sur son blogue, . Il écrit en toute simplicité que chaque jour de cette nouvelle année soit le reflet de notre Joie. Pour illustrer son souhait, il nous présente le prologue d'un de ses romans, L'Alchimiste. Et moi, je rajoute que si l'année 2012 est la fin du monde, c'est parfait. Qu'elle soit la fin du monde tel qu'il est. Que le meilleur d'entre nous émerge de nos profondeurs et rebondisse sur la Terre comme au Ciel. Bonne et heureuse Année!

***

L'Alchimiste prit en main un livre qu'avait apporté quelqu'un de la caravane. Le volume n'avait pas de couverture, mais il put cependant identifier l'auteur : Oscar Wilde. En feuilletant les pages, il tomba sur une histoire qui parlait de Narcisse.

L'Alchimiste connaissait la légende de Narcisse, ce beau jeune homme qui allait tous les jours contempler sa propre beauté dans l'eau d'un lac. Il était si fasciné par son image qu'il tomba dans le lac et s'y noya. À l'endroit où il était tombé naquit une fleur qui fut appelée narcisse.

Mais ce n'était pas de cette manière qu'Oscar Wilde terminait l'histoire. Il disait qu'à la mort de Narcisse, les Oréades, divinités des bois, étaient venues au bord de ce lac d'eau douce et l'avaient trouvé transformé en urne de larmes amères.

- Pourquoi pleures-tu? demandèrent les Oréades.
- Je pleure pour Narcisse, répondit le lac.
- Voilà qui ne nous étonne guère, dirent-elles alors. Nous avions beau être toutes constamment à sa poursuite dans les bois, tu étais le seul à pouvoir contempler de près sa beauté.
- Narcisse était donc beau? demanda le lac.
- Qui, mieux que toi, pouvait le savoir? répliquèrent les Oréades, surprises. C'était bien sur tes rives, tout de même, qu'il se penchait chaque jour!

Le lac resta un moment sans rien dire. Puis :
« Je pleure pour Narcisse, mans je ne m'étais jamais aperçu que Narcisse était beau. Je pleure pour Narcisse parce que, chaque fois qu'il se penchait sur mes rives, je pouvais voir, au fond de ses yeux, le reflet de ma propre beauté. »

- Voilà une bien belle histoire, dit L'Alchimiste.

***