28 octobre 2011

Tranches de vie, tranches de survie

Hier, j'ai dormi plusieurs heures, après m'être réveillée avec une migraine à aura lumineuse, mais la fatigue me rattrape encore, ce matin. Je sens ma fragilité et ma vulnérabilité. Je me sens à fleur de peau et surtout à fleur de coeur, si je peux m'exprimer ainsi.

C'est que plusieurs choses me tracassent, plusieurs bourrasques s'ajoutent à mon marasme. Entre autres, si vous me lisez depuis quelque temps, vous savez que je n'ai jamais été chanceuse pour trouver une bonne garderie à mes enfants. Lors de mon retour à l'enseignement, ce qui me préoccupait plus que tout, c'était de trouver un endroit éducatif stimulant et rempli d'amour pour mes petits. Au mois d'août dernier, c'est ce que je croyais avoir trouvé. Hélas, je me suis encore trompé. Depuis presque deux mois, lorsque je reviens chercher mes amours, l'éducatrice (si je peux l'appeler ainsi) ne fait que dire du négatif d'eux.

Au début, elle mettait ça sur le dos de l'adaptation des petits qui étaient auparavant dans le cocon de leur maman, aujourd'hui, elle trouve d'autres raisons pour me faire comprendre que mes enfants, en fait, surtout mon fils de 2 ans, éprouvent des problèmes relationnels. Selon ses dires répétitifs, vers 10 heures le matin (demandez-moi pourquoi), mon petit garçon manifesterait une certaine rage envers les autres, ce qui le pousserait à taper, quelquefois même mordre (ce qui est plutôt rare). Il y a un mois, elle avait même demandé à une éducatrice spécialisée du CPE de me rencontrer afin de créer un plan de match (un plan d'intervention, même chose) afin que Mathis-Antoine (qu'elle appelle Mathis, à mon grand dam!) apprenne à respecter la bulle des autres et entre harmonieusement en relation avec eux.

Par exemple, l'éducatrice devait placer des cerceaux autour des enfants afin que mon garçon respecte cette limite. J'avoue que cette mesure me semble carrément stupide pour un enfant de 2 ans. Le reste, ça va : dire du positif de l'enfant pendant au moins un mois, utiliser un langage sans négation, renforcer les comportements positifs, éviter les punitions, etc. Cependant, et là se trouve le gros hic, c'est que l'éducatrice continue à me parler négativement de Mathis-Antoine et me répète sans cesse qu'elle doit faire beaucoup d'interventions à cause de lui. Sa mère, son assistante, m'a dit, cette semaine, que Mathis-Antoine était allé souvent en punition. Intriguée, j'en parle à l'éducatrice, lui rappelant que selon le plan de match, les conséquences punitives ne sont pas privilégiées. Puisqu'elle travaille avec sa mère, il semble qu'elle soit rarement dans la garderie (partie magasiner, prépare ses repas ou encore fait du ménage), elle me répond qu'elle n'est pas au courant. Le lendemain, elle me relance en me disant qu'après avoir bien relu le plan de Mathis-Antoine, sa mère devait le punir sur la chaise de punition, car la sécurité d'un autre enfant était en jeu. Je n'en sais pas plus... Ou plutôt je ne veux plus savoir.

J'écris, j'écris, mais je prends conscience que cela ne sert à rien, sinon à partager un vécu qui me fait souffrir, car depuis que mes enfants vont à cette garderie, je ne les reconnais plus. Il n'y a pas pire souffrance morale et psychologique pour une maman retournée au travail. Je sais que je dois trouver une autre garderie (j'en visite une cet après-midi), car de toute façon, le contrat de mes enfants se termine dans un mois et je suis convaincue que l'éducatrice ne le renouvellera pas. Je ne pensais jamais, au grand jamais, vivre de telles situations en milieu de garde. On pense toujours à nos enfants et voulons qu'ils soient beaux, gentils et tout et tout, mais parfois, la réalité est tout autre. Les miens ne sont pas parfaits, loin de là, mais méritent plus de respect, d'attention, d'amour et de bienveillance. Ils auraient surtout besoin de leur maman près d'eux, mais bon... j'ai décidé de poursuivre mon chemin en éducation. Et ça, ce sera dans une prochaine tranche de vie!