28 mai 2011

Mon Village des Valeurs

Pour ceux et celles qui me lisent depuis quelque temps, vous vous rappelez que j'avais écrit un billet sur la Roselière, école alternative que j'aurais aimée pour mes enfants. D'ailleurs, l'implication des parents qui était une condition sine qua non à l'inscription me plaisait énormément. S'engager dans la vie de l'école de nos enfants, à mon avis, c'est leur montrer toute l'importance que nous accordons à l'éducation. Eh bien! nous avons reçu une lettre, cette semaine, mentionnant qu'étant donné le nombre de places limité, Angélique était sur une liste d'attente. Notre petite fleur, tout ébranlée, essayait de comprendre cette situation.

- Maman, est-ce que nous n'avons pas été choisis parce que nous ne sommes pas une belle famille? Est-ce tu avais oublié d'écrire les bons mots dans l'inscription?

Évidemment, je l'ai rapidement rassurée pour lui faire comprendre que l'école ne pouvait pas accueillir tous les enfants qui désiraient la fréquenter. Je lui ai même promis que nous allions apprendre ensemble, à la maison, à fabriquer des poupées faites à la main.

Dans la même journée, j'avais reçu un appel de l'école de quartier à laquelle j'avais également inscrit Angélique.

- Mme Bouthillier? Vous et votre fille n'étiez pas à la rencontre d'accueil pour la maternelle.
- Pardon? Je n'ai jamais reçu la lettre d'invitation...
- Quelle est votre adresse?
- (...)
- Ah! Désolée Madame, je me suis trompée dans la liste d'envoi. J'avais écrit 20 plutôt que 26. Je parle de cette situation à la Direction et vous en redonne des nouvelles. Au revoir.

Incompréhension. Frustration. Impuissance. Comment ont-ils pu se tromper? Pourquoi moi? Après coup, je me dis (comme je me le répète souvent), que rien n'arrive pour rien. Puisque nous prévoyons déménager dans un avenir assez proche, nous devrons inévitablement choisir une nouvelle école, ou plutôt inscrire notre fille dans le quartier que nous habiterons.

J'espère de tout mon coeur que l'école sera à la hauteur de mes attentes et de mes exigences. Car elles sont nombreuses. J'y reviendrai. L'éducation commence par la famille, mais se poursuit bien au-delà du cadre familial. J'aime bien le proverbe (africain je crois) que pour qu'un enfant grandisse, il faut tout un village. Or, le monde dans lequel nous socialisons est tout sauf un village, au sens de nous lier les uns aux autres. Ouf, j'y reviendrai, vraiment, car l'émotion me prend, celle-ci étant parfois plus forte que la raison... Car depuis quelque temps, le fait de ne pas avoir trouvé une maison de même qu'une école, c'est comme si ce fait de ne pas m'enraciner me coupait les ailes. Rien n'arrive pour rien, je sais, mais Oh! Seigneur! que j'ai hâte de bâtir mon Village des Valeurs, construit sur deux piliers : la famille et l'éducation.