2 mai 2011

Épiphanie de maman

En janvier dernier, j'écrivais dans un petit cahier les moments que j'adorais avec mes enfants. Ainsi, avec Mathis-Antoine, ce qui me comblait le plus au monde, après l'histoire du soir, c'était le tout petit instant, pendant que nous nous bercions tranquillement dans la vieille chaise de bois de mon enfance, où il poussait un long soupir, pour enfin s'endormir au creux de mes bras. Je détenais le plus beau trésor du monde, mon trésor, mon amour. Tout doucement, je le déposais ensuite dans son lit, lui soufflant à l'oreille de faire des beaux rêves, puis que maman le protégeait. J'imaginais que des étoiles dorées bienveillantes l'enveloppaient dans la nuit.

Depuis des lunes il me semble, moi et mon fils n'avions plus ce rituel si réconfortant. Après l'histoire, il ne voulait absolument rien savoir de mes bras, de mes berceuses ni même de mes câlins. « Dodo », me disait-il en se tortillant dans tous les sens. Attristée, je me contentais d'un simple bisou et de quelques mots doux.

Ce soir, contre toute attente, il s'est blotti dans mes bras, me laissant lui chanter la mélodie Bonne nuit, cher trésor. Il m'a même dit même « encore », les yeux à demi fermés, les petites mains jointes. Quel bonheur que de sentir une fusion avec notre enfant, dans un moment où il est si fragile, si vulnérable. Je crois que j'avais vraiment besoin de ressentir cette proximité avec lui, car depuis mon retour en enseignement, donc de ses débuts en garderie, je ne le reconnais pas toujours. Il est plus agité, plus colérique... Je me questionne et me remets en question, me réajuste et resserre quelques règles de discipline, tout comme avec ses soeurs qui ne cessent d'expérimenter les limites de maman. Au moins, parmi le lots de désagréments dans une journée, les épiphanies maternelles sont des baumes énergisants.


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