5 avril 2011

Le droit de vivre après un crime?


***

Tollé à Montréal. Avec raison. Au TNM, en mai 2012, Wadji Mouawad présentera la pièce Le cycle des femmes, d'après Sophocle. Le rockeur (et tueur) Bertrand Cantat est au coeur de la distribution. Est-ce moral qu'il en fasse partie? En 2003, au terme d'une violente dispute, il a assassiné sa conjointe, Marie Trintignant.

Nous vivons dans une société de droit. Une société libre et démocratique qui, pour assurer entre autres une certaine forme de civisme, de civilité, s'est donné un cadre, qu'il soit judiciaire, législatif, réglementaire, statutaire. Un homme commet un crime. Il est puni. Il purge sa peine et peut recouvrer sa liberté. C'est ce que notre droit prévoit. Celui de la France et de la Lituanie aussi. Bertrand Cantat est un homme libre, en théorie. Encore que je doute que l'on puisse être réellement libre quand on a un meurtre sur la conscience. Il a le droit de vivre. Il a le droit d'être réhabilité. Il a le droit de compter, parmi les amis qui l'ont soutenu récemment, Wajdi Mouawad. Il a le droit de chanter les choeurs de Sophocle, au TNM, à Montréal. Et chacun a le droit d'aller, ou pas, l'y entendre. Marc Cassivi, La Presse Source

Qu'en pensez-vous? Est-ce un geste humain que d'accueillir cet homme, comme le proclame la directrice artistique du TNM, Lorraine Pintal?

***

Quand t'as tué de Martin Petit

Une cantate pour Cantat de Joblo (Josée Blanchette)

L'art peut-il faire oublier l'opprobre? Vidéo-discussion, Radio-Canada

***