20 avril 2011

Écrire : exclamations et interrogations, point.


Ce matin, branle-bas de combat pour que tous puissent être prêts vers 7h45. Se lever, s'habiller, déjeuner, se laver, préparer ses effets personnels, que de simples tâches qui peuvent devenir complexes quand le temps est calculé, que l'horaire de la journée est entièrement planifié! Cet après-midi, pas de cours, pas de correction, pas de ménage ni lavage, j'écris. Oui, j'écris, car cela me manque terriblement. Les enfants sont à la garderie (Seigneur! j'en suis vraiment arrivée là!), un tout petit verre de vin sur mon bureau et je me lance dans l'écriture.
Fin de mon préambule.

Beaucoup de sujets forment une magnifique constellation dans mon esprit. Or, ce qui est le plus difficile, c'est d'aller à l'essentiel, de choisir le sujet qui me porte et me préoccupe le plus en ce moment. Dans les labyrinthes parfois obscurs et nébuleux de ma conscience (ou de mon inconscience, c'est selon), je cherche une petite lumière pour éclairer mes mots, de même que quelques maux.


Pour l'instant, mes pensées et mes sentiments les plus tendres se figent dans ce moment magique, vécu ce matin, dans ce fameux branle-bas de combat évoqué plus haut. En tentant de me donner un air respectable avant de me rendre au Collège, avec un brin de mascara et de fard à paupières (d'ailleurs, ma fille Angélique se demande pourquoi je joue aux princesses du maquillage pour aller à l'école), Marianne vient me voir.

- Maman, j'ai un secret pour toi, me chuchote-t-elle avec douceur, comme à l'habitude.
- Quoi? (Je me penche donc pour écouter son Secret.)
C'est ainsi qu'elle me donne le plus doux et tendre des baisers, sur la joue. Et elle repart, toute bien heureuse d'avoir éclairé mon visage d'un sourire radieux, en cette grisaille printanière guère inspirante...


Depuis hier, je me sens l'âme d'une jeune écolière. Sans le poids des responsabilités, je ferais allègrement l'école buissonnière. J'avais complètement oublié à quel point le fait de côtoyer des adolescents sur une base quotidienne (ah! la joie des enseignants de français!) nous place dans une position d'empathie et de compréhension face à leur réalité. Je sais à quel point un seul exposé oral (comme celui que je leur ai imposé cette semaine) peut les mettre dans une situation de stress intense, voire même de grandes angoisses. Qu'est-ce que les autres vont penser de moi? J'ai peur d'oublier mon texte. Est-ce que j'aurai une bonne note? Est-ce que le prof va comprendre? Et caetera. Ce matin, avant de commencer lesdits exposés, je leur ai mentionné (mi-réalité, mi-fiction, car que voulez-vous? il faut toujours un peu modifier les faits dans la vie, sinon la monotonie et la fadeur s'installent sournoisement) à quel point j'étais intéressée de les écouter parler d'un roman coup de coeur. Je leur ai dit qu'ils me donnaient vraiment le goût de lire. Sérieusement, hier soir, je me suis laissée transporter par l'univers romanesque de Maxime Roussy, dans son livre Le blogue de Namasté. Il y avait si longtemps que je n'avais pas plongé dans le monde de la littérature jeunesse. Le seul fait de leur avoir dit qu'habituellement, écouter des exposés, c'est plate, mais que là, c'était vraiment full cool (j'ai utilisé des mots français, ne vous inquiétez pas), eh bien ils étaient tellement plus motivés et moi-même, je prenais un véritable plaisir à les évaluer.

Incroyable! Les garçons lisent de la littérature fantastique, historique et d'aventures, tandis que les filles dévorent les romans autobiographiques, surtout lorsqu'ils sont teintés d'amour à l'eau de rose (très rose)! Les journaux intimes ont la cote! Les histoires de couples et d'amitié enflamment leur imagination et leur réel désir de rencontrer la Bonne personne, l'Homme de leurs rêves! Cela me rappelle tellement mes fofolles années du secondaire où je pouvais écrire des pages et des pages sur les élus de mon coeur. Le fait de fréquenter un Collège de filles me faisait davantage rêver au Prince charmant, à l'autre bout des campagnes bucoliques de mon coeur!

Cependant, peu de romans genre journal ont été rédigés pour les garçons. J'ai lancé l'idée aux preux chevaliers littéraires de la classe d'en écrire un, mais les oppositions fusaient de toutes parts. On ne sait jamais, parfois...!

Nota bene : Lors de mes lectures de jeunesse, je déteste voir que l'auteur aligne trois ou quatre exclamations ou interrogations. Quel abus de ponctuation! Diantre! je ne cesse de dire à mes élèves que dans une phrase, par exemple, un seul point d'exclamation suffit, point! Qu'on se passe le signe!