17 novembre 2010

Le Devoir de l'Écrivain : Fais ce que dois


Ce matin, en écoutant Christiane Charrette en direct du Salon du Livre de Montréal, un must pour les fous du livre, j'apprenais que Le Devoir publiait aujourd'hui une édition tout à fait exceptionnelle : Le Devoir des écrivains (l'actualité vue par 33 écrivains). C'est ainsi qu'en allant faire mon épicerie, j'en profitai pour ajouter à mon p'tit panier une copie du fameux journal des plus précieux à mes yeux... À la maison, j'essayai de lire quelques lignes de la une écrite par Caroline Allard, la mère indigne par excellence, Vaillancourt, maire indigné, mais bébé voulait s'emparer du papier... J'ai dû attendre le temps de la sieste des trois mousses pour lire
mon journal, au salon, toute seule, enfin... Je ne me rappelle plus le moment où j'ai lu un journal (quasiment en entier) avec autant de voracité et d'intérêt. Qu'il fut agréable de lire autant de perles dans des chroniques incisives et mordantes à souhait. À cet effet, Josée Blanchette écrivait ce matin sur son blogue : On y retrouve de petites perles, bien sûr. Et ce qu’on a sacrifié en rigueur journalistique, on l’a gagné en phrases bien personnelles et senties qui ne sont pas sans rappeler les blogues, nouveau (bientôt 6 ans que je pratique!) genre journalistique qui fait des petits.

Eh bien! en lisant ces lignes de Mme Blanchette, j'ai compris que la lectrice que je suis avait ce besoin intense de lire des articles qui marient à la fois la rigueur journalistique & les touches personnelles. À mon humble avis, l'un ne va pas sans l'autre pour capter l'intérêt du lecteur. Je me confesse, les textes trop objectifs me lassent après quelques lignes, m'ennuient même. Néanmoins, la pensée personnelle de l'auteur apporte aux propos une toute nouvelle lumière qui soutient indéniablement mon attention. De plus, j'ai ainsi l'impression que cela m'aide à former mon opinion, voire à éveiller ma conscience sur des sujets qui de prime abord me semblent ardus.

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Quelques perles (en vrac) glanées ici et là au vol

Mais l'objet livre ne se laisse pas faire. On découvre son poids au moment de déménager. Et on regrette alors son appétit vorace, pour un bref temps, car ce sont les livres qu'on déballe en premier dans un nouvel appartement. Et, assis sur des caisses, on profite pour relire quelques pages lumineuses d'un essai qu'on porte dans son coeur, ou pour simplement découvrir un roman qui s'était fait trop discret dans la bibliothèque. (...)

Il a fallu vingt-six minuscules lettres de l'alphabet pour soulager la mémoire humaine qui, sans cela, aurait succombé sous le poids de nos souvenirs, de nos rêves et de nos idées.

Éloge du lecteur
Dany Laferrière

Où presserait-on les feuilles rouges d'automne égarées ou les pétales de roses offertes si les volumineux dictionnaires disparaissaient de nos étagères? Serait-il possible de numériser les livres de sa collection personnelle pour transmettre aux enfants les annotations de leurs grands-parents ou les mots d'amour écrits à la première page de leur Proust ou de leur Molière?

Un livre numérique timide mais déterminé
Kim Phuy, récipiendaire d'un prix du Gouverneur général dans la catégorie Romans et nouvelles

À Paris.
Une photographe.
Catherine Pachowski.
(...)
Elle trouve en cherchant, surtout, ou sur les petits chemins de la patience. Toujours vraie, donc, la lumière, avec, pourtant, toujours l'air si artificiel. C'est ce qu'on remarque, d'ailleurs, cette impression de faux. Qui participe sans doute à créer le malaise. La lumière naturelle, saisie dans son moment démasqué.

Entre l'arbre et la lumière
Fred Pellerin

Joan et Jean-Paul ont eu des trajectoires parallèles croisées. Le même élan créateur et une intensité surmultipliée par l'alcool, un amour, les doutes et une force hors du commun. Ils s'étaient véritablement inscrits dans le temps par des créations sans frein et une extraordinaire cohésion contemporaine.

La postérité de Riopelle, il manque un zéro.
Marc Séguin
Oh surprise! j'ai appris que Joan Mitchell avait été la conjointe de Riopelle pendant 25 ans!

Le livre, c'est la liberté. Je ne serais pas là dans cette page de journal sans le livre de recettes, le dictionnaire ou le roman que vous allez acheter, j'espère, aujourd'hui.

Le premier livre
Gil Courtemanche


Adieu, monsieur Charest. Faut pas nous en vouloir. '' Que voulez-vous, c'est la vie '', dirait Jean Chrétien.

Mort d'un politicien
Yves Beauchemin

Il est où, le criss de livre, le seul, l'unique, qui va agir sur moi comme l'eau bouillante agit sur l'esti de poche de thé pour en révéler toutes les saveurs? Il est où le livre qui va m'ébouillanter et libérer de moi les parfums que je ne parviens pas à libérer par moi-même? Il est où? Réponds ou bedon je crève ta cervelle de libraire! Puis parle-moi pas du livre que tout le monde dit qu'il faut avoir lu, parle-moi surtout pas du livre qui a gagné l'esti combat du livre à la radio parce que là c'est le chargeur au complet que je vas te vider, parle-moi pas des palmarès, parle-moi pas de ton salon du livre, parle-moi pas de prix, parle-moi pas des chroniqueurs, parle-moi pas de personne, parle-moi de toi, puis parle-moi à moi (...)

Échapper à la dictature du bruit. La dictature du tout avoir lu creuse nos tombes, achat après achat. Lire ne signifie pas : lire tout. Il est possible de ne lire, toute sa vie durant, qu'un seul livre. Mais alors on le lit!
Sophocle n'a jamais lu Shakespeare.
Montaigne n'a pas ouvert une seule fois La Métamorphose de Kafka.
(...)
Échapper à la culture! La culture est une accumulation de livres, or la littérature est un livre. Un seul. Toujours. Jamais deux.

Les estis d'intellectuels
Wadji Mouawad

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