16 octobre 2010

Jour sein!

En triant des textes brouillons, j'ai retrouvé celui-ci qui me touche particulièrement, car que cela en déplaise, après maintenant plus d'un mois, je suis encore nostalgique des moments magiques passés avec mon fils, afin de lui donner le meilleur de moi-même.

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Ça y est, c'est l'évidence, je le sens, je le sais depuis cette fin de semaine, je dois sevrer Mathis-Antoine, mais surtout je dois me sevrer moi-même de l'allaitement. Prenant la mini-pilule Micronor créée supposément pour les femmes qui allaitent, je fais partie du 1 % de celles qui souffrent de ses effets secondaires, comme les saignements abondants intermenstruels, en plus de gros débalancements hormonaux, comme si je n'en avais pas assez!

C'est mon nouveau médecin, Dre N., qui me l'a dit, du haut de ses talons argentés, dans son magnifique bureau privé situé à St-L.

- On ne vous avait pas informée des risques de cette pilule, madame?
- Non, pas vraiment...(M'a-t-on quelque chose, sinon qu'elle préviendrait une autre grossesse?)

Mais de quoi sommes-nous vraiment informés dans ce monde? Nous sommes si pressés, on se croit tellement informés et renseignés sur tout, que finalement on ne l'est pour rien... Il a fallu que je fasse des recherches sur Internet pour comprendre que la mini-pilule, je n'aurais jamais dû la prendre, finalement. Conçue pour les femmes qui allaitent, c'est à cause d'elle que je dois cesser l'allaitement... Bon, je vous entends au loin, penser haut et fort qu'il était temps, après quasiment un an, de sevrer mon enfant...

Allaiter, c'est certes nourrir son petit, mais c'est surtout lui donner du réconfort, une sécurité et une preuve d'amour incommensurable. Toutes les études à ce sujet ne pourront jamais démontrer à quel point l'allaitement est bénéfique pour un enfant, car l'amour incommensurable et inconditionnel ne pourra jamais se mesurer...

Ce temps volé à aimer en silence, je le porterai en moi jusqu'à ma mort. Ce temps de peau, de succion, de lèvres humides, de regards saouls, de goutte de lait qui roule vers le menton, cette petite main qui s'accroche, cette parenthèse de confiance et d'abandon, de rots qui délivrent, je l'emporte au paradis comme un souvenir entre l'écrin de mes deux seins. Prière de ne pas déranger.

Josée Blanchette