7 septembre 2010

Après le Pakistan, l'allaitement...

Après avoir lu un texte sur le Pakistan ainsi que la nouvelle du décès de Claude Béchard (au-delà de toutes les partisanneries et les âneries politiques québécoises, je sympathise avec ses collègues, amis et proches), j'ai écrit une petite chronique sur l'allaitement. Vraiment, me direz-vous? Oui, vraiment, je vous réponds.

S'il existe une nourriture, un elixir magique qui perdure depuis le début des temps, c'est bien le lait maternel. Ce n'est que tout récemment dans l'histoire de l'humanité que le lait maternisé a pu éloigner l'enfant du sein de sa mère ou de sa nourrice. Je lisais dans Le livre de maman, une anthologie des plus beaux textes de la littérature française, un texte de Jean-Jacques Rousseau qui stipulait que bon nombre de femmes ne souhaitaient guère allaiter leurs nourrissons. On voulait davantage retrouver rapidement ses occupations. Car allaiter, c'est donner beaucoup, énormément et passionnément de temps, d'énergie. Mais quel bel attachement en retour qui se crée et cela, pour toute la vie durant.

Aujourd'hui, tout comme avec Marianne, lorsqu'elle avait exactement onze mois (elle ne voulait plus le sein, buvant seule au biberon depuis longtemps), je dois me sevrer de l'allaitement de Mathis-Antoine. Celui-ci en a décidé ainsi. Je suis allée jusqu'au bout de mes forces et de ma volonté. Il n'en veut plus, c'est fini. Après m'avoir mordillée, j'ai compris, enfin. Cela faisait une semaine qu'il m'envoyait des messages, mais je ne voulais pas écouter. Ce matin, il s'est collé sur mon sein, m'a regardé et m'a dit : '' Nan'' (non), le petit regard moqueur. On peut bien rire de moi, que je dis (ou écris n'importe quoi). La vie m'arrache à lui, il doit quitter mes pas, déjà, oui, déjà (j'entends Piaf).

Bonne nuit Mathis-Antoine, mon amour, maman reprend son corps, mais mon âme, mon coeur et mon esprit te sont entièrement dévoués.
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