7 août 2017

Lecture estivale



Les vacances sont entamées depuis quelque temps. Les livres s’accumulent un peu partout chez moi et il me tarde de plonger au cœur de leurs intrigues. Pourtant, aucun d’eux ne réussit à soutenir mon attention, hormis les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar et quelques romans jeunesse. Trop sérieux ou trop légers, j’ai besoin de romans qui respirent la nouveauté, l’exclusivité. C’est ainsi que je commence un roman italien commandé il y a deux mois par ma librairie préférée, Le Fureteur. Outre les recommandations de mes amis lecteurs, je me laisse parfois inspirée par les suggestions des Instabookeurs français. C’est donc sur le bord d’une rivière du Saguenay que j’entame le premier roman de Donatella Rizzati, diplômée en langue et littérature étrangère. Une bande rouge orne le livre pour nous indiquer (non sans subtilité) qu’il s’agit du roman feel good de l’été. J’abhorre ce terme anglais, qui signifie que l’œuvre possède le don de nous insuffler une bonne dose de bonheur, puis le sentiment d’influencer positivement le cours de notre existence. Pourtant, c’est bel et bien un roman qui vous fait éprouver un réel sentiment de bien-être, qui vous aspire et qui vous inspire.


Ainsi, Donatella Rizzati tisse habitement des liens affectifs entre plusieurs personnages, dont principalement Viola, Michel, Gisèle, Romain et Camille. À travers les thèmes de l’amour, de l’amitié, du deuil et de la connaissance de soi, l’auteure intègre avec parcimonie des connaissances de naturothérapie. De nombreuses recettes parsèment le livre. À cet effet, la protagoniste, Viola Consalvi, une jeune Italienne dont le caractère fougueux lui permettra d’aller au bout de son rêve et d’elle-même, incarnera d’abord la profonde dichotomie entre la médecine traditionnelle (personnifiée par son père) et la médecine alternative (qu’elle pratique à Paris de concert avec Gisèle dans une herboristerie ancestrale après ses études), mais ensuite sa réconciliation dans un rééquilibre des forces. Sa fulgurante rencontre avec Romain, un passionné de littérature et d’aventure, barman d’un joli bistro parisien, mec qui fait tourner les têtes, lui permettra de renouer avec une partie de son passé, celui qui se conjuguait avec son mari, décédé d’une maladie dont on ne sait point le nom. Bref, un roman dont la fluidité vous propulsera dans les quartiers de Paris et ceux de Rome, mais surtout dans les méandres et les labyrinthes intérieurs de personnages des plus attachants et des plus charmants. Bien que l’amour demeure bien présent dans ce livre, aucune eau de rose ni fleur bleue ne viennent éclabousser notre plaisir de lecture. Au contraire, à petites doses, nous sommes titillés page après page et revigorés par tant de fraîcheur. À lire délicatement avec une infusion à la main, question de mieux distiller notre bonheur.