1 juillet 2016

Une lettre

Le magicien (1770-1780) Par ici la magie, pour toi.

Salut O.!


Eh oui! C'est par ici que je te donne de mes nouvelles. Sympathique, non? Tu es, disons, très loin, dans les îles grecques. Je pourrais t'écrire sur FB, mais ce serait beaucoup trop long et, franchement, pas très efficace. J'y serais peut-être aussi moins loquace. Enfin, peu importe. J'espère que tu vas bien, que tu prends de l'air divin. Les dieux de l'Olympe te combleront peut-être de leurs grâces, qui sait? Rien n'est impossible au pays des immortels.

Par ici, à la campagne, c'est le temps des vacances. En fait, depuis deux jours, je n'ai pas encore eu le temps de relaxer en lisant (enfin) tous les romans qui m'attendent depuis longtemps. Non, car notre réfrigérateur a décidé de rendre l'âme en même temps que se pointent toutes sortes de petits maux bien désagréables. Crois-le ou non, je n'ai toujours pas réussi à terminer mon foutu lavage! Pendant que les mamans se la coulent douce, moi, je lave! Faut dire qu'en cette fin d'année scolaire, ce fut un véritable calvaire organisationnel. C'est comme si la maison avait été abandonnée. Maintenant, je dois tout ranger et c'est fastidieux! Avec trois enfants, tu sais que ce peuvent représenter tous les travaux manuels dans une journée! J'avance à très petits pas. Et je recule aussi. La maison jaune est sens dessus dessous. Dans le bureau, si je peux l'appeler ainsi, tous les effets scolaires sont encore pêle-mêle un peu partout. Les enfants voudraient tout acheter le matériel pour l'an prochain, et ce, avant même d'avoir trié notre petit chaos.

Je cherche encore un factotum, un homme à tout faire, mais il semble que la perle rare soit difficile à trouver. À moins que les mots latins fassent fuir les élus. D'ici là, je ne lâche pas la fucking patate! Un réparateur de passage aux allures de rêveur ou poète m'a dit que la maison respirait la joie. Je m'y tiens donc, résolument.

Pour le reste de ce que voudrais t'écrire, je te le dirai à ton retour. Profite bien de ton odyssée!
Isabelle xx

Nota bene : Le coeur saignant que tu as planté devant la demeure se porte bien. Et ton coeur à toi, est-il moins pesant? Moi, j'arrache ici une à une toutes les mauvaises herbes, au sens propre tout comme au sens figuré.