28 juillet 2013

L'insoutenable légèreté des choses

Les êtres humains sont complexes, tout comme les choses qu'ils possèdent. Les choses, que nous croyons si futiles, sont en fait très révélatrices de ce que nous sommes, de l'identité que nous avons construite pour nous définir, pour vivre, pour évoluer. Nos vies sont entourées d'objets : utiles ou inutiles, beaux ou laids, neufs ou usagés, lumineux ou poussiéreux, sans valeur ou dispendieux, remplis d'histoire ou vides de sens... Ils façonnent nos existences et conditionnent notre bonheur, trop souvent. Plus nous possédons ce que nous désirons, plus nous sentons croître notre sentiment de plénitude. Existe-t-il un moyen de se libérer de cette mascarade (commerciale)? Souhaitons-nous vraiment la souveraineté de notre être sur le monde matériel? Parfois, peut-être. Cependant, la tentation des belles choses dans notre maison est une tentation trop forte pour y résister. Bien s'entourer de ce qui est beau et de ce que l'on aime est un bonheur difficile à refuser.

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Aujourd'hui, j'ai pris conscience à quel point je, tu, vous, nous, sommes fortement attachés à nos possessions. Chez ma mère, tous les objets sont sacrés et les toucher constitue un sacrilège, surtout si je veux m'en emparer. J'ai compris que je ne pouvais plus me permettre de demander un livre, un cadre, un vase ni quoi que ce soit chez elle, et ce, même si cet objet était mis à l'écart dans un coin de placard. Ses affaires lui appartiennent et gare à ma curiosité de convoiter une babiole ou à ma langue de dire qu'elle en possède trop. La maison de mes parents n'est plus la mienne, j'imagine que je l'oublie...

Dans mon désir d'épurer ma vie, ma maison, je me permets des commentaires désobligeants à ma famille qui accumule trop d'objets. Mes constatations les blessent, honte à moi. Mille excuses, mea culpa, car je ne recommencerai pas. Promis. J'ai assez à m'occuper de ma propre vie sans juger celle des autres. Je ne dois plus ressentir des émotions face à des objets qui ne m'appartiennent pas. Détachement familial oblige, même à mon âge.

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J'ai capitulé. Eh oui! je croyais détenir la force et le le courage de faire moi-même mon ménage dans ma belle et grande maison jaune. J'ai abandonné mes idéaux de femme à tout-faire. Échec et mat : mes ambitions domestiques sont tombées en mille miettes. J'ai atteint mes propres limites. Pas une, mais trois femmes de ménage sont venues à ma rescousse vendredi. Du coup, ce fut la grande libération. Le soir-même, une odeur inexplicable flottait dans l'air de la maison. Pour une rare fois depuis longtemps, j'ai écouté la télévision, plus précisément un documentaire sur l'idéal d'une Afrique dont tous les pays seraient unis. Je n'ai pensé ni au classement, ni à la vaisselle, ni au lavage, ni à la poussière, ni à rien de ce qui habituellement préoccupe mon esprit et surtout mon temps. Une pause pour penser davantage au monde qui m'entoure. Merci. Je récidiverai. Promis. 

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Deux promesses dominicales, c'est beaucoup, et ce n'est que le début. D'avoir écrit tous ces mots, je me sens légère, avec une insoutenable envie de penser à mon bien-être, enfin.