31 juillet 2012

Histoires de dents


Ça y est, c'est fait; ma grande a perdu sa première dent de lait. Depuis plusieurs jours, elle se demandait si elle avalerait sa dent en mangeant ou en dormant. Lorsqu'elle se rappela qu'il existait une Fée de dents, elle en fut absolument ravie et sa peur complètement anéantie. Je lui lus le magnifique livre offert par son amie Kéryanne (Merci, Frédérique), Ma dent ne doit absolument jamais tomber, que je vous suggère fortement. Les illustrations sont touchantes et le texte simple, vivant et captivant pour les petits et grands. 

Exceptionnellement, papa était à la maison aujourd'hui, le comptable dans son « vrai » cabinet de travail... Sur l'heure du dîner, pendant que tous mangeaient, Angélique me montra un tout petit bout blanc de quelque chose, me demandant ce que c'était. Lorsque je compris qu'il s'agissait bel et bien de sa dent, tous s'écrièrent de joie qu'Angélique était dorénavant une grande fille. Et moi, mon coeur de maman se pinça légèrement, puis mes yeux se mouillèrent de joie. Mathis-Antoine ne cessait de regarder le ciel en disant qu'il voyait la fée dans la forme des nuages... La Fée avait une de ces poitrines, ouf! ;)

Dans le récit, Lola s'achète une petite girafe avec les sous de la Fée. Angélique, pour sa part, m'a dit qu'elle s'achèterait des objets d'Hello Kitty pour la thématique de son anniversaire.

- Maman, la Fée des dents est sûrement très riche, alors je crois qu'elle me donnera 20 dollars!
- En es-tu vraiment certaine? Papa m'a dit qu'il n'avait reçu que 25 sous quand il était petit.
- On verra bien.
- Aussi, avant de me coucher, je dois faire un grand sourire pour montrer à la Fée que c'est vraiment moi qui ai perdu une dent et pas Marianne ou Mathis-Antoine. 

Pendant que je peignais ses cheveux...
- Maman, toi, est-ce que tu crois aux fées?
- Bien sûr.
- Et aux anges? En tout cas, moi oui, car le mot existe dans mon nom!

En soirée, Angélique s'empressa d'aller dans sa chambre, car dans le livre, on mentionnait que la Fée des dents arrivait tôt. De plus, ma fille avait conclu qu'il serait préférable de ranger ses jouets afin que la Fée ne trébuche pas sur ceux-ci. Mais sa soeur, brisant mon grand plaisir de la voir tout organiser, lui dit que les fées volaient, alors ce n'était pas nécessaire. Je lui dis de faire attention, car parfois, dans de rares occasions, les Fées laissaient des surprises aux frères et aux soeurs...

Enfin, papa, après avoir entendu tout cela, puis après avoir constaté que tous dormaient sans parler ni même rouspéter le moment venu, se demandait si les dents, tout compte fait, ne devraient pas tomber plus souvent!

***

Et moi, aujourd'hui, j'avais un rendez-vous chez le dentiste. Un nouveau dentiste. Et pas n'importe quel, un dentiste « vert », qui n'utilise pas de papier, dont le sol ne contient aucun produit chimique, dont l'eau est distillée, etc. L'hygiéniste n'était pas peu fière de me vanter ce nouveau cabinet hors du commun. Des locaux aux murs verts et blancs, des appareils à la fine pointe de la technologie, une ambiance zen, une musique qui crée une ambiance relaxante, bref, tout pour rendre agréable votre passage chez le dentiste.

Cependant, bien assise confortablement dans ma chaise ultra-moderne, pendant que défilaient les photos de ma dentition sur l'écran révolutionnaire de la science, j'appris qu'une de mes dents de sagesse était cariée. Seule option : passer à l'extraction. De plus, pendant qu'un gros bidule détectait des sillons profonds, on m'annonça que j'avais probablement deux autres caries. Quoi? Moi qui n'avais pas eu une seule carie depuis ma petite enfance... Il semblerait que la brosse à dents n'aurait pu m'épargner ces deux trous noirs, donc mon hygiène n'était pas en cause!

Le dentiste devait arriver pour confirmer le tout. Auparavant, mon dentiste, c'était mon oncle. Maintenant qu'il avait pris une retraite bien méritée, il fallait bien que j'accepte de montrer tout mon appareil buccal à des inconnus!

Il se présenta. La chaise sur laquelle j'étais si confortablement assise fut subitement chancelante. Était-ce son sourire d'un blanc immaculé (évidemment!), ses yeux radieux et brillants ou encore sa chevelure châtaine en bataille qui me chavira? Je ne sais pas, mais sa façon de me parler de l'importance du français et du latin (quand je lui dis que j'étais enseignante), puis de la rigueur intellectuelle et de la logique nécessaires pour bien réussir, entre autres, une version latine, me fit perdre tous mes moyens. Bon, j'exagère, mais disons qu'il réussit à me charmer courtoisement. En fait, c'est le travail de tout bon entrepreneur (c'est le propriétaire et président du Centre) que de savoir discourir intelligemment aux patients. De la sorte, on fidélise notre clientèle, non? Ainsi, il me demanda mon avis sur la nouvelle orthographe, mais je bafouillai quelques arguments banaux (ou peut-être banals, allez savoir!). 

- Ça n'a pas de bon sens! Comment se fait-il que l'on accepte maintenant le mot acupuncture avec un o (acuponture)? C'est laid, rien de moins! me lance-t-il.

Bon, telle une écrivaine à l'eau de rose, j'aurais envie de romancer le tout et de vous en mettre plein la vue, mais j'arrête tout de suite. L'examen s'est poursuivi normalement et il me confirma mes trois caries. J'allais devoir reprendre un rendez-vous pour un nettoyage, puis deux autres pour les extractions et les réparations. C'est tellement dommage, n'est-ce pas? Des histories dentaires comme ça, je les aime bien quand même! ;)