16 mai 2012

Pour que la paix revienne au Québec

Que faudra-t-il pour que la paix sociale et politique revienne au Québec? Certainement pas une loi spéciale visant principalement, selon le premier ministre, à octroyer le droit à l'éducation aux étudiants qui veulent retourner en classe.

Ce qui me frappe, c'est que Mme Courchesne a rappelé que 70% des étudiants des cégeps et universités avaient déjà complété leur session, justifiant le fait qu'une minorité des étudiants soit en faveur de la hausse. Eh bien! j'entendais récemment Michel Venne du journal Le Devoir mentionner que son fils, étudiant en médecine, avait marché avec ses confrères lors de la manifestation du 22 mars. Il a ensuite voté le retour en classe, sans toutefois être en accord avec la hausse des frais de scolarité et la position du gouvernement. Selon cet étudiant, un débat de fond sur l'éducation est nécessaire dans un tel contexte de crise.

Pour que la paix revienne, il faudrait, entre autres, que M. Charest fasse preuve d'ouverture dans ses discours. En l'écoutant lors de son point de presse sur la loi spéciale, qui devrait être déposée demain à l'Assemblée nationale du Québec (j'entends déjà l'Opposition officielle s'échauffer), en voyant sa gestuelle complètement désintéressée et blasée, je réalise que nous sommes loin du dialogue, a fortiori du consensus avec les leaders étudiants. Ceux-ci, dans la mire et la perception du premier ministre, ne sont que de jeunes idéalistes sans trop de crédibilité et d'envergure. Penser ainsi, c'est mépriser toute une jeunesse à qui l'on devrait, en ce moment même, donner une pleine confiance pour construire un Québec plus fort. 

Je me souviens... Ils s'en souviendront aux prochaines élections. Si le premier ministre pensait essouffler le mouvement étudiant avec une loi spéciale, or il n'a fait que mettre le feu aux poudres, ce qui attisera le feu d'une jeunesse résolument décidée à changer le Québec.