1 juin 2011

Histoire de passer le temps


Matinée d'analyse grammaticale. J'ai encore les compléments directs et indirects qui se bousculent dans la tête, les sujets en quête d'une identité, les verbes à la recherche d'un royaume. Aussi, des phrases principales et des phrases subordonnées, cherchant chacune hiérarchiquement leur place. Drôles de syntaxe, parfois. Doutes et questions, puis compréhensions, souvent. Discussions entre pairs, complicité, temps d'arrêt précieux. Conscience que je suis au bon endroit. Alignement des constellations de mon existence. Du moins, j'y crois; j'y croîs également.

Escale imprévue à L'échoppe des fromages, histoire de profiter du temps qui passe, de faire émerger quelques souvenirs, sans toutefois me laisser submerger par les émotions, donc m'ancrer sereinement dans ma vie, avec une limonade maison et une croûte chaude. Profiter d'un moment paisible, le temps d'un rendez-vous avec moi-même, sans personne d'autre. Écrire et gribouiller (Merci belle M, car j'avais mon kit créatif de survie, une de tes nombreuses idées géniales!), sentir le vent me caresser le visage, les petits hélicoptères atterrir dans mon assiette. Écouter les murmures des tables voisines, des vies, des histoires qui, somme toute, se ressemblent toutes, puisant dans les mêmes ramifications humaines. Marcher ensuite dans la rue et admirer les vitrines. Apprécier, tout comme autrefois, celle d'une Histoire de pâtes. Chaque fois, j'y admire le travail artistique. Cette fois-ci, c'est la sculpture d'une vieille dame au large sourire qui donne des morceaux de pain à une dizaine de petits oiseaux. C'est beau, tout simplement. Titre de ce tableau : Histoire de passer le temps.

En route vers le Fureteur, librairie indépendante (soutenons-les, les pauvres, écrasées par les géants), question d'espérer tomber sur un livre coup de coeur. J'aurais voulu Les pèlerins maudits. Épuisé. À commander. Je croise un livre pour les enfants de Trace Moroney. Je le capture, comme un trésor. Il y a tant de choses à aimer en toi. De tes doigts à tes orteils et de ton sourire à tes rêves pour l'avenir. Le temps passe. L'escapade avec moi-même prendra fin. Quelques détours dans les grandes surfaces m'attendent, ce qui m'agace au plus haut point. Tâches quotidiennes monotones, sans aucune surprise, sans aucun relief ni grand plaisir. Je rêve à la prochaine escale avec moi-même, au doux rendez-vous où je m'ancrerai dans ma vie, histoire de passer du vrai et beau temps... Et si ce bon temps se prolongeait tout le mois de juin? Soyons des M! ;-)

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