21 mai 2011

Ce samedi, ça me dit... de potiner.

Comme vous avez pu le constater dans le Projet de documentation VI, dans ma petite maison dans la prairie, il y en avait des pissenlits! Contrairement à l'année passée, je n'ai eu ni le courage, ni la force, ni le temps d'arracher les petites fleurs adorées de mes filles, même avec le meilleur arracheur sur le marché! J'ai supplié mon homme de tondre la pelouse afin d'enrayer les foutues fleurs, ne serait-ce que pour quelques jours, avant qu'elles ne repoussent en force. Je voyais ma fille en lancer, hier, dans la rue. Elle me disait que puisque la rue ne recevait jamais de fleurs, eh bien, il fallait lui en donner. Sans commentaire.

Pour ce qui est de la petite voisine, la belle et coquette Juliette, il ne faut surtout pas lui en offrir, car elle rétorquera qu'elle en est allergique. En fait, elle et son frère sont surtout allergiques à mes enfants, hélas. Ceux-ci leur parlent constamment, essayant par tous les moyens inimaginables d'attirer une parcelle de leur attention, en vain. De surcroît, la gamine et son acolyte se permettent même des répliques teintées de méchanceté et de raillerie. On dira ce qu'on voudra, mais le bon voisinage, c'est très important, surtout pour de jeunes enfants qui tentent de créer des liens, de tisser leurs premiers réseaux sociaux... Évidemment (ou malheureusement), les parents ferment les yeux et bouchent leurs oreilles pour ne pas intervenir.

En revenant d'une petite crémerie arborant fièrement un grand M tout jaune à l'horizon (!), nous avons déambulé dans les rues d'un quartier avoisinant, tout rempli et habité par de majestueux arbres. Quelle atmosphère sereine les arbres savent si bien créer! C'est ce que je veux; tout plein d'arbres, avec une belle grande corde à linge, c'est tout, ou presque.

Les ventes de garage (ou communément appelées ventes de charité par les enfants, influencés par les aventures de Max et Ruby) sont à nos portes, ce qui me ravit au plus haut point. Je sais, je prône l'Art de la simplicité par le désencombrement, l'épuration et la zénitude, mais je fantasme sur tous les trésors que je pourrais découvrir, dans le détour d'une rue, d'une cour...

Pendant que bon nombre de voisins reçoivent de la terre pour nourrir les terrains, plantent des fleurs un peu partout, partent les piscines, ouvrent les barbecues ou coupent la pelouse, de mon côté, surveiller tous les pas de mon petit homme, c'est tout ce que je peux faire. À l'extérieur, il court partout, grimpe, saute, tombe, se redresse, retombe, fait des culbutes, lance de la terre, monte et tombe de son camion, ouvre les portes, enjambe son vélo, etc. Il m'essouffle. Quand bien même j'essaierais d'arracher un pissenlit ou de planter une fleur, je n'y arriverais pas. Toute mon attention, il l'a. Ses soeurs ont des grenailles de temps, ici et là, quand je le peux.

Or, pendant sa courte sieste, moi et les filles en avons profité pour aller magasiner. Étant donné que le premier concert de piano d'Angélique aura lieu demain, je voulais lui acheter une robe et une paire de souliers. Depuis l'arrivée des enfants, il faut que vous sachiez que je déteste courir les magasins. Mon temps est tellement précieux et les tâches reliées à la maison, à la famille et au travail sont si nombreuses que celui requis pour faire les boutiques m'exaspère, totalement, carrément. Mais quand il le faut, je dois me sacrifier, surtout que depuis un an, ma grande fille n'accepte plus de porter ce que je lui choisis. Mademoiselle, ou plutôt petite princesse possède ses goûts bien à elle et sa notion de style, parfois, souvent, me laisse sans voix. Puisque mes goûts ne lui conviennent plus, j'ai décidé de lui faire choisir ses vêtements.

Chez Souris Mini, la vendeuse fut d'une étonnante et désarmante... patience d'ange. Elle a pris le temps de montrer toutes les robes du magasin à ma fille, laquelle, au lieu de dire qu'elle n'aimait pas une robe, faisait la moue. Mou...dit! Quoi qu'il en soit, elle a choisi une magnifique robe rose, avec bandeau et leggings assortis. Pour ce qui est des souliers, nous avons dû courir entre Globo, Blü, Browns et Yellow, puis nous en sommes ressorties avec des sacs de toutes les couleurs de même qu'avec des factures qui se sont avérées des fractures pour mon homme. Finalement, la fin du monde, c'était peut-être vraiment aujourd'hui.

Sur le chemin du retour, je pensais à tout l'argent que cela me coûtait maintenant d'être retournée au travail. En congé de maternité ou en congé sans solde, j'avais le temps de parcourir les friperies et les boutiques communautaires, habillant très bien les enfants pour des sommes dérisoires. Aujourd'hui, dans la cadence auto-boulot-dodo, cette époque est bel et bien révolue. Lorsqu'un besoin vestimentaire doit être comblé, pas le temps de chercher les aubaines. Je trouve rapidement, donc j'achète. Je sais, nous sommes toutes prises dans ce cercle de consommation quand nous devons gérer le travail et la famille. Mais sommes-nous conscientes à quel point l'impact économique et social est lourd de conséquences? Finalement, j'ai beau remué tout cela dans ma tête, le temps passe si vite que je dois revenir au train-train quotidien, comme tous et chacun.

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- Maman, c'est quoi la fin du monde? Est-ce que c'est le dernier jour de la Terre, quand la planète va mourir? me demande Angélique sous l'immense arche jaune...

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- Maman, pour la vente de garage, on vendra notre maison 20 sous, puis ma chemise à fleurs que je n'aime pas, 20 dollars, ok.?

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- Bonne nuit mon amour, repose-toi bien, demain sera une grosse journée...
- Non, maman, j'ai juste un concert, c'est juste une chose ça...

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